
C'est un livre sur le vent.
Le vent qui souffle, puis qui attend, le vent qui court dans les ruelles comme un enfant, le vent qui gronde ou qui caresse, le vent qui meurt.
Le vent qui soupire, qui vient nous conter des secrets quand à deux heures dans la nuit on se trouve seul avec lui. Le vent qui nous emplit.
C'est un livre sur le souffle qu'on partage quand on s'embrasse ou qu'on se parle, même quand on se crie après. Mais c'est aussi un livre sur la mer, puisque sans elle le vent n'est rien, elle est là d'où il vient, elle est là où il va. La mer qui avale et qui donne sans avertir. La mer des pirates réels ou imaginaires. La mer de la liberté ou de la mort.
Ce n'est pas un livre de rivages, étrangement. Ces demi-lieux magnifiques n'y ont pas leur place, ou alors seulement pour ceux qui ne savent pas se décider. Et ceux-là, il sera décidé pour eux (mais d'où me vient cette tournure biblique?).
C'est un livre avec un gars, ou une fille, ou les deux, mais pas nécessairement au même endroit, au même moment. Un livre sur le rêve et sur l'accomplissement. (Car respirer, n'est-ce pas tout à la fois rêver déjà la prochaine inspiration tout en accomplissant la présente? Rêver parce qu'un respir, ce n'est pas vraiment respirer s'il n'est pas suivi d'un autre, puis d'un autre, puis d'un autre, jusqu'à... Accomplir parce que vraiment, respirer, n'est-ce pas là la plus belle des réussites? Mais pour nous, malheureusement, ce n'est pas assez. Le rêve et l'accomplissement ne nous suffisent pas.)
C'est un livre qui descend le Fleuve et suit des courants improbables jusqu'à la mer des Sargasses.
C'est le livre que je dois écrire.

1 Comments:
Alors puissiez-vous travailler «...divinement, à l'aise dans [votre] métier d'amour et de lenteur.» Rilke
J'espère que la vie vous accordera le temps, le silence et la place qu'il vous faut pour passer «du rêve à l'accomplissement.»
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